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Afrique du sud : les promesses non tenues de l'ANC

Pays : Afrique Du Sud

Tags : Jacob Zuma, ANC, Corruption

Le vice-président sud-africain Cyril Ramaphosa a été élu lundi à la tête du Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994, à la place du très contesté président Jacob Zuma, à deux ans d'élections cruciales pour l'avenir du parti et du pays.

Epilogue d'une campagne âpre et serrée, M. Ramaphosa a décroché 2.440 voix contre 2.261 à sa seule rivale, l'ancienne patronne de l'Union africaine (UA) et ex-épouse de M. Zuma, Nkosazana Dlamin Zuma, selon les résultats proclamés devant la conférence de l'ANC réunie à Johannesburg.


Le candidat anti-corruption


Soutenu par l'aile modéré du parti, très apprécié des marchés, Cyril Ramaphosa, 65 ans, a vivement dénoncé la corruption du clan Zuma. Ancien syndicaliste reconverti en richissime homme d'affaires, il a aussi promis de relancer l'économie du pays.


Au sein du parti, ses critiques lui reprochent de défendre les seuls intérêts des classes les plus aisées.
"Cyril est le meilleur candidat", a déclaré lundi après son passage dans l'isoloir un de ses partisans, Siya Kolase, 35 ans. "Il va s'occuper de la question de la corruption (...) avec lui, notre économie va pouvoir se redresser".

La candidate du peuple


De son côté, Nkosazana Dlamini Zuma, 68 ans, avait repris le discours de son ex-époux sur la nécessaire "transformation radicale de l'économie" au profit de la majorité noire. Notamment à travers la réforme agraire que beaucoup de sud-africains attendent toujours.

 

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Un quart de siècle après la chute de l'apartheid, des millions de Sud-Africains continuent à vivre dans la pauvreté.
Ses adversaires la soupçonnaient d'être la "marionnette" de Jacob Zuma et de lui avoir promis l'immunité dans les nombreux scandales politico-financiers où il est accusé. 

 

L'avenir de l'ANC


L'étoile de l'ANC a sérieusement pâli depuis sa victoire aux premières élections libres de l'histoire de l'Afrique du Sud en 1994 et l'arrivée au pouvoir de son icône Nelson Mandela.
Affaibli par la crise économique et les accusations de corruption qui visent Jacob Zuma, le parti a déjà subi un sérieux revers aux élections locales de 2016 en cédant à l'opposition le contrôle de villes de premier plan comme Johannesburg et Pretoria.
 

Dernière màj le 18 décembre 2017