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Ces espèces menacées qui pourraient être sauvées

Pays : Afrique Du Sud

Tags : protection des animaux, espèces menacées

Considérées comme des produits de luxe, des trophées de chasse ou des remèdes dans la médecine traditionnelle, les espèces animales comme les éléphants ou les requins sont menacées d’extinction. De nouvelles règles concernant le commerce de plus de 60 espèces animales et végétales sont débattues en ce moment lors de la 17ème Conférence internationale sur la protection des espèces à Johannesburg. Les participants de 183 pays espèrent ainsi mettre un terme au braconnage et au commerce illégal.

Cette rencontre a le pouvoir de décider de la vie ou de la mort d’animaux emblématiques...

Teresa Telecky - 28/09/2016

C’est la première fois qu’une rencontre internationale de la Cites réunit autant de membres. La Convention internationale sur le commerce d'espèces sauvages menacées d'extinction (Cites) s'est ouverte le 24 septembre à Johannesburg, en présence de milliers de défenseurs de l'environnement venus débattre des restrictions commerciales visant quelque 500 espèces. Les espoirs de cette rencontre sont élevés, comme l’explique d’emblée Teresa Telecky, de l’association de défense des animaux  “Humane Society International”: “A une époque où de plus en plus d’espèces disparaissent à cause du braconnage et du commerce, cette rencontre a le pouvoir de décider de la vie ou de la mort d’animaux emblématiques comme les éléphants, les rhinocéros, les lions et les pangolins, qui ne sont que quelques exemples des nombreuses espèces en voie d’extinction.”  

Une soixantaine de propositions d'amendement doivent être débattues dans les prochains jours en Afrique du Sud. A la tête des points sensibles de ces débats figurent les propositions concernant l’éléphant et le rhinocéros d’Afrique, deux animaux gravement menacés par le braconnage illégal et organisé.

 

Ce diaporama recense les principales espèces menacées, listées par la Cites : 

 

 

Malgré des objectifs louables, la Cites essuie régulièrement des critiques au niveau international. Ses décisions manquent de fermeté et d’efficacité. Les participants veulent donc renforcer les mesures déjà mises en place, comme les sanctions contre le commerce de l’ivoire et des cornes de rhinocéros, qui ont fortement augmenté ces dernières années. D'autres mesures ont été saluées cette année : les membres de la COP17 ont décidé d'interdire le commerce du pangolin, petit mammifère à écailles comptant parmi les espèces les plus trafiquées au monde.

Un marché brassant des milliards

Sur le marché noir, un kilo de cornes de rhinocéros vaut plus qu’un kilo d’or.

Le commerce illégal d’espèces sauvages est un marché lucratif. Selon les écologistes, la vente d’animaux et de plantes sauvages à l’échelle mondiale rapporterait annuellement jusqu’à 321 milliards d’euros, ce qui, en terme de chiffre d’affaires, hisse ce commerce illégal derrière le trafic de stupéfiants, la traite d’êtres humains et le trafic d’armes.   

Le commerce illégal de l’ivoire et des cornes de rhinocéros est en plein essor. Sur le marché noir, un kilo de cornes de rhinocéros vaut plus qu’un kilo d’or. Il en va quasiment de même pour l’ivoire. Bien que le commerce de cornes de rhinocéros et de l’ivoire soit interdit par la Cites, depuis respectivement 1977 et 1989, le commerce illégal n’a pas pu être maîtrisé. Bien au contraire : l’Afrique connaît actuellement la plus importante augmentation de la criminalité envers les animaux sauvages depuis les années 1970.   

La légalisation du commerce : une solution ?

Le commerce d'ivoire

 

Un commerce légal de ces produits de luxe pourrait-il améliorer la situation ? C’est l’argument avancé par la Namibie et le Zimbabwe qui ont requis le droit de légaliser à nouveau le commerce de l’ivoire. Les bénéfices serviraient soi-disant au financement de projets de défense des animaux. Bon nombre de pays se sont déjà prononcés contre cette requête, craignant qu’une autorisation de vente mène à une escalade du commerce illégal et du braconnage.

Des animaux comme produits de luxe

La protection des espèces est particulièrement épineuse en Afrique et en Asie. Dans des pays tels que la Chine, la demande d’ivoire, de cornes de rhinocéros, d’os de tigres ou de pangolins a explosé car ces derniers sont considérés comme des produits de luxe. Cette demande accrue a provoqué, dans les pays de provenance des animaux, une augmentation du braconnage illégal, car interdit. C’est un cercle vicieux qui doit être rompu.  

 

La Convention de Washington

Depuis 1975, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, (en anglais "Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora", Cites), réglemente le commerce des espèces d’animaux et de plantes menacées. Elle est considérée comme l’un des accords majeurs dans le domaine de la protection des espèces, d’une part pour sa portée internationale, et d’autre part, car la Cites permet de sanctionner les violations des règles commerciales. Les réunions des membres de la Cites, qui ont lieu tous les deux ou trois ans, sont surtout l’occasion de débattre sur le sort des animaux les plus menacés.


On distingue trois niveaux de vulnérabilité :
- L’annexe I : comprend les espèces dont la menace d’extinction est imminente, et dont les échanges commerciaux sont strictement interdits. A l’heure actuelle, presque 700 espèces animales et 300 espèces végétales sont inclues dans cette catégorie.
- L’annexe II : comprend les animaux et les plantes qui ne sont pas en danger imminent, mais dont l’existence est de plus en plus menacée par le commerce non réglementé. Leur commerce n’est autorisé qu’avec un permis d’exportation spécifique. 
- L’annexe III : comprend les espèces dont le commerce n’est réglementé que dans certains pays. 
 


 

 

 
 
Dernière màj le 30 septembre 2016