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Vers une Pologne plus conservatrice en Europe

Pays : Pologne

Tags : PiS, PO, Elections

Après avoir dirigé la Pologne pendant huit ans, le parti de centre-droit de Donald Tusk Plateforme civique (PO) a perdu les élections législatives du 25 octobre, au profit des ultra-conservateurs de Droit et justice (PiS) menés par la candidate Beata Szydlo. Avec 38% des voix, soit 238 sièges sur 460, le parti de l’ex-président Jarosław Kaczyński regagne le pouvoir. La dernière fois, c’était en 2005-2007 au sein d’une coalition qui avait été marquée par des rapports difficiles avec Bruxelles et Berlin, mais aussi Moscou, ennemi historique de la Pologne.

 

 

Ce qui pourrait changer en Pologne

Droit et justice veut renforcer le pouvoir du Président. Élu en mai dernier, Andrzej Duda fait justement partie du PiS et devrait profiter de ce nouveau système centralisé.

PiS fonde sa politique sur la préférence nationale. Economiquement, cela devrait s’appliquer par une renationalisation de certaines banques et des taxes sur les institutions financières étrangères.  

Très lié à l'Église catholique sur les questions de société, le PiS risque de rendre encore plus strictes les conditions d'accès à l'avortement ou à la fécondation in vitro. Dans l’éducation, la place du catéchisme devrait en sortir renforcée, et une épreuve de religion pourrait même devenir obligatoire lors du baccalauréat.

 

Ce qui pourrait changer en Europe

Le gouvernement Tusk avait jusqu’ici mené une politique pro-européenne, proche de l’Allemagne et qui avait notamment accepté des quotas d’accueil de réfugiés – au grand dam de PiS, qui a construit sa campagne électorale sur la peur des migrants. Sur cette question, Beata Szydlo devrait davantage suivre le Hongrois Viktor Orban que la chancelière Angela Merkel.

Maintenant au pouvoir, le parti conservateur se dit prêt à défendre avant tout les intérêts de ses citoyens. À Bruxelles, Varsovie devrait désormais freiner toute forme de fédéralisme.

À l’approche de la COP21, la Pologne de PiS ne semble pas prête à faire des compromis sur la politique climatique. Dépendante à 88% du charbon, l’énergie polonaise n’est pas prête à sacrifier ses usines. Fille de mineur silésien, la nouvelle première ministre Beata Szydlo ne risque pas de dévier de cette ligne.

 

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Dernière màj le 8 décembre 2016