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Urgence pour les migrants d'Asie du Sud-est

Pays : Bangladesh, Malaisie, Birmanie, Thaïlande

Tags : Migration, Boots-Flüchtlinge, Südostasien

Les représentants de plusieurs organisations des Nations Unies lancent un appel urgent à la Thaïlande, à la Malaisie et à l’Indonésie. L’Agence des Nations-Unies pour les réfugiés (UNHCR), l’Organisation internationale pour les migrations (IOM), le commissaire pour les droits de l’homme des Nations-Unies et le rapporteur spécial de l’ONU pour les migrations s’alarment du sort des migrants qui tentent de traverser le golfe de Bengale sans eau ni nourriture. Ils appellent les pays du sud de l’Asie à leur porter secours le plus rapidement possible. 

Selon l’IOM, au moins 2.000 migrants sont piégés en mer, refusés par les autorités dès qu'ils arrivent à proximité des côtes thaïlandaises, malaisiennes et indonésiennes. Parmi eux, des femmes et des enfants Rohingyas tentent de fuir la Birmanie où ils sont persécutés depuis des décennies. Abandonnés par leurs passeurs en haute mer, ils dérivent maintenant sur des boat people sans nourriture ni assistance. Certains passagers ont déjà pu être pris en charge par les autorités thaïlandaises qui ont remorqué leur bateau hors de l’eau.

 

En tant que membres de l’ASEAN, l’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande ont des obligations de secours et doivent fournir d’urgence l’assistance et l’approvisionnement nécessaires aux réfugiés. Selon les estimations des Nations-Unies, près de 1.000 migrants sont morts depuis le début de l’année 2014, piégés en mer d’Andaman, dans le détroit de Malacca.

 

Réunion de crise en Malaisie

 

Kuala Lumpur est à la tête de l’Association des Etats de l’Asie du Sud-est (ASEAN). Le 20 mai, le ministre des Affaires étrangères malaisien doit rencontrer ses homologues pour évoquer la crise des réfugiés Rohingyas. Les Philippines ont déjà proposé leur aide pour venir en aide aux migrants sans les modalités de la prise en charge. Avec le Cambodge et le Timor Oriental, l’île est le seul Etat à avoir signé la convention des Nations-Unies pour le statut des réfugiés, un document qui oblige les pays à prendre en charge les réfugiés.

 

Fin du silence à Myanmar

 

En marge de la réunion de crise à Kuala Lumpur, la Birmanie a déclaré mercredi être prête à fournir son aide humanitaire aux migrants bloqués en mer. Le pays, qui refuse la citoyenneté à la minorité Rohingya, réagit tardivement, après avoir menacé de boycotter toute tentative internationale de gérer le conflit. Depuis 2014, environ 88.000 de ces musulmans apatrides ont dû fuir l’Etat Rakhine, dans le Sud-ouest de la Birmanie, où la majorité bouddhiste multiplie les opérations de nettoyage ethnique proches du génocide.  Ces réfugiés s’ajoutent aux migrants qui fuient les trafics, persécutions et misère et se retrouvent prisonniers des mers.

 

L’intervention tardive d’Aung San Suu Kyi

 

La situation des réfugiés de Myanmar s’aggrave de jour en jour. La Thaïlande, l’Indonésie et la Malaisie campent sur leur position et refusent de prendre en charge les Rohingyas. Critiquée pour son long silence, la lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a finalement brisé la glace de Myanmar. Le parti d’opposition de la femme politique demande le respect des droits des Rohingyas. 

Dernière màj le 8 décembre 2016