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Portugal – Le harcèlement de rue est un crime

Pays : Portugal

Tags : harcèlement, femme, loi, loi anti-harcèlement

Le pays vient d'adopter une loi qui condamne le harcèlement sexuel. Les harceleurs risquent une peine allant jusqu'à trois ans de prison.

Au Portugal, on ne plaisante pas avec le harcèlement de rue. Le 27 décembre 2015, le Parlement a voté une loi pour lutter contre ce fléau. Désormais, insulter une femme dans la rue ou lui mettre une main aux fesses est passible d’une peine allant jusqu’à trois ans de prison ferme.  Plus précisément, la loi condamne tout « comportement non désiré à connotation sexuelle, sous forme verbale, non-verbale ou physique, avec pour but ou pour effet de violer la dignité d'une personne, en particulier lorsqu'il crée un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant ».

Portée par le Parti Social Démocrate (PSD), la loi modifie l'article 170 du Code Pénal, comme le rappelle le site Terra Femina : le harcèlement de rue est aujourd’hui passible de 1 à 3 ans de prison ferme. Une mesure nécessaire, selon Carla Rodrigues, membre du PSD au Parlement. « Un homme qui se permet d'embêter une jeune fille de 15 ans, de l'effrayer, ne commettait [auparavant] aucun crime », affirme-t-elle dans les colonnes du journal Diario de Notícias.

Une loi controversée

Cette loi ne plaît pas à tout le monde et divise l’opinion. Dans le pays, le « piropo » - fait d’adresser des « compliments » souvent machistes à une femme dans la rue – est très répandu. Certains perçoivent donc dans cette mesure une sorte d’atteinte à la liberté de draguer, voire à la liberté d’expression.

Reste à savoir si les victimes auront le courage et la force d'aller porter plainte la prochaine fois qu'elles se feront agresser dans la rue. Sans quoi cette loi ne sera pas d'une grande utilité. Comme le rappelle Cosmopolitan.fr, en France, proférer des insultes peut coûter six mois de prison et 22 500 euros d'amende, tandis qu'une main aux fesses, des baisers forcés et des frottements dans une rame de métro sont passibles d'une peine de cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende. 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016