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Pari réussi pour Emmanuel Macron

Pays : France

Tags : Emmanuel Macron, élections législatives, Législatives

L’Elysée et désormais l’Assemblée nationale : Emmanuel Macron a remporté une large majorité aux législatives dimanche. Selon les chiffres du Ministère de l'Intérieur, La République en marche et son allié du MoDem ont obtenu 350 sièges (308 pour LREM et 42 pour le parti de François Bayrou), loin devant des Républicains distancés et un PS marginalisé, dont le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis a annoncé sa démission.  Plusieurs figures de la politique n'ont pas été réélues. Au total, 75% des députés de l'Assemblée nationale seront renouvelés. L'abstention, elle, s'élève à 57,36% des électeurs, un record.

Circonscriptions
Le PS en lambeaux, les Républicains en difficulté

Ce second tour confirme, surtout à gauche, l'effondrement inédit des deux grands partis qui ont dominé la vie politique française depuis des années.

L'ensemble PS-PRG-DVG n'a recueilli que 43 sièges et le PS, qui avait envoyé près de 300 députés au Palais Bourbon en 2012, ne peut compter que sur 30 élus dans la nouvelle Assemblée. Le PRG recueille 3 sièges et le groupe divers gauche en gagne 12. Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a pris acte de la défaite de son parti et annoncé qu'il démissionnait. "La gauche doit tout changer, la forme comme le fond, ses idées comme son organisation, elle doit ouvrir un nouveau cycle. Il s'agit de repenser les racines du progressisme, car ses deux piliers, l'Etat providence et l'extension des liberté, sont remis en cause", a-t-il notamment déclaré. L'ancienne ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem a reconnu son échec et a annoncé qu'elle "compte participer" à la reconstruction de la gauche. L'ex-Premier ministre Manuel Valls a été réélu de justesse dans l'Essonne, malgré un décompte des voix contesté par sa rivale.

Le trio LR-UDI-DVD décroche 135 sièges (112 pour LR, 17 pour l'UDI et 6 pour divers droite), contre plus de 200 dans l'Assemblée sortante. Figure emblématique, l'ancienne secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a perdu à Paris.

 

Une opposition morcelée mais en marche
Une opposition morcelée mais en marche L'aspirateur Macron a sérieusement ventilé les grands partis traditionnels. Une opposition morcelée mais en marche

 

Majorité absolue pour LREM et le MoDem

Le nouveau président de la République a remporté son pari avec un parti créé il y a un an à peine. Il obtient une majorité cependant inférieure à ce que laissaient espérer les prévisions après le premier tour. Selon Emmanuel Rivière de Kantar Sofres, "il peut y avoir un correctif entre les deux tours, que les électeurs se disent qu'une fois que la majorité semble acquise pour Emmanuel Macron, ce n'est pas la peine d'en faire trop". Christophe Castaner, figure du macronisme, conserve son mandat de député dans la 2e circonscription des Alpes-de-Haute-Provence. Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, a été réélu dans le Finistère, malgré sa possible implication dans une affaire immobilière révélée par le Canard enchaîné

C'est aussi une Assemblée profondément renouvelée, féminisée, qui est sortie des urnes. Le renouvellement est assuré avec près de 75% de nouveaux députés. 223 femmes siègeront dans le nouvel hémicycle, soit 38,65% des élus, un record.

La chancelière allemande Angela Merkel a félicité Emmanuel Macron pour sa "majorité parlementaire nette" par la voix de son porte-parole Steffen Seibert :

 

Feu vert à Emmanuel Macron

Au lendemain de ces législatives, Edouard Philippe doit, comme le veut la tradition, remettre la démission de gouvernement pour être aussitôt chargé d'en former un nouveau avec a priori peu de changements. La semaine sera aussi dominée par les tractations sur les répartitions des postes clés de l'Assemblée en vue de la séance inaugurale du 27 juin où sera élu le successeur de Claude Bartolone. La déclaration de politique générale aura lieu le 4 juillet et permettra de voir ce qu'il reste d'opposition puisqu'une partie des candidats LR, UDI ou PS bien placés pour être élus comptent voter la confiance à Edouard Philippe. Le Président aura donc les mains libres pour appliquer son programme concernant la moralisation de la vie publique ou la réforme du droit du travail. Le prochain rendez-vous électoral aura lieu le 24 septembre, avec le renouvellement de la moitié du Sénat, actuellement à droite.

 

Bonnes performances pour le FN et la France insoumise

Le parti de Jean-Luc Mélenchon gagne 17 sièges et le Parti communiste 10 ; ils pourront constituer un groupe à l'Assemblée nationale. Mélenchon est vainqueur à Marseille, dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône. Le fondateur du mouvement a annoncé que "le peuple français dispose à l'Assemblée nationale d'un groupe La France insoumise", sans préciser si le PCF -avec qui il n'a pas mené la campagne des législatives- ferait partie de ce groupe. Le journaliste et réalisateur François Ruffin, candidat de La France insoumise, a été élu dans la première circonscription de la Somme face à un candidat LREM.

Le FN, qui ne comptait que 2 députés dans la précédente législature, remporte 8 sièges. Sa présidente Marine Le Pen a été pour la première fois élue députée dans le Pas-de-Calais. Son bras droit Florian Philippot a reconnu sa défaite en Moselle. Les autres partis gagnent 10 sièges.

 

Une abstention historique

Ce scrutin est marqué par une abstention historique, qui atteint 57,36%, un record sous la Vème République. Quatre députés seulement ont été élus dès le premier tour. En 2012, l’abstention s’élevait à 44,6% au second tour. "Le vote devrait être obligatoire. Un taux d'abstention pareil, ce n'est pas normal. Ce désintérêt général est révélateur du j'm'en-foutisme ambiant dans le pays. Le souci c'est qu'ensuite les gens vont aller râler dans la rue", commentait Natacha Dumay, enseignante de 59 ans, à la sortie d'un bureau de vote de Pantin, en Seine-Saint-Denis.

Dernière màj le 19 juin 2017