Ohran Pamuk, une voix qui porte

Pays : Turquie

Tags : ohran pamuk, prix nobel de littérature, Neige, théâtre national de Strasbourg

La Turquie plongée en pleine montée de l'islamisme et un coup de force militaire... Toute ressemblance avec des faits réels n'est pas forcément fortuite. C'est la trame de fond de "Neige", le roman de l'écrivain turc Ohran Pamuk, couronné d'un Prix Nobel en 2006. Et depuis peu de la pièce de théâtre tirée de cette oeuvre et montée actuellement à Strasbourg. La Turquie a été secouée par différents coups d'Etat. Politique, religion et questionnement sur soi s'invitent sur les planches du théâtre national de Strasbourg. L'occasion de revenir sur l'engagement et les prises de positions de l'écrivain turc le plus lu au monde.

Ohran Pamuk, une voix qui porte
Ohran Pamuk, une voix qui porte Le théâtre national de Strasbourg propose une adaptation du roman "Neige" d'Ohran Pamuk. Ohran Pamuk, une voix qui porte

 

Ohran Pamuk nait en 1952, sur la rive occidentale du Bosphore, dans une famille aisée et cultivée d’Istanbul. Après des études de dessin, d’architecture et de journalisme il se lance finalement à corps perdu dans la littérature. Il est remarqué assez tôt, lorsqu’il publie son premier roman « Cevdet Bey et ses fils » en 1982. Viennent ensuite " La maison de silence " , " Mon nom est rouge " ou " Neige ". En 2006, c’est la consécration puisqu’il reçoit le prix Nobel de Littérature. L’Académie suédoise affirme récompenser un auteur qui a « trouvé de nouvelles images spirituelles pour le combat et l’entrelacement des cultures ».

 

Même s’il ne se définit pas comme un écrivain politique, ses romans racontent l’histoire de son pays, la mélancolie de personnages tiraillés par

Un million d’Arméniens et 30 000 Kurdes ont été assassinés sur ces terres et personnes d’autres que moi n’ose en parler

Ohran Pamuk - 2005

une culture à la fois occidentale et musulmane, à la frontière des deux continents. Toutefois, ses prises de position l’ont définitivement rangé parmi les auteurs contestataires. En 2005, au cours d’une interview pour un journal suisse, il reconnait le génocide des Arméniens et les massacres perpétrés contre la communauté kurde : " Un million d’Arméniens et 30 000 Kurdes ont été assassinés sur ces terres et personnes d’autres que moi n’ose en parler ". Transgression suprême, il est aussitôt soumis à une puissante campagne d’intimidation, certains appelant même à l’autodafé. Des menaces de mort commencent à circuler. Et la justice turque le poursuit pour " insulte délibérée à l’identité turque " avant d’abandonner, à cause d’un vice de procédure et d’une intense pression de la communauté internationale.

 

Ohran Pamuk a souvent pris la défense des intellectuels engagés, de Salman Rushdie, visée par un fatwa islamique, à Roberto Saviano, menacée de mort par la mafia napolitaine, en passant par Pinar Selek, cette sociologue turque accusée d'avoir perpétré un attentat contre l'Etat turc. Il a aussi condamné la société de surveillance et l'espionage des citoyens mis en place par les services secrets américains. Il est un ardent défenseur des droits humains et de la liberté d'expression. Le succès de ses livres et les récompenses internationales qui lui ont été décernés lui donnent un écho médiatique considérable. En 2006, le " Time Magazine " l'a même classé parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde.

 

A voir aussi :
L'émission Square consacrée à Ohran Pamuk, diffusée en juin 2012

Square
Square Square Square

 

 

 

Dernière màj le 7 février 2017