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A Metz, les migrants vont et le bidonville reste

Pays : France

Tags : camp de réfugiés, demandeur d'asile, Metz

Près de trois cents migrants, principalement des demandeurs d'asile, dorment chaque nuit dans le camp de l'avenue de Blida, à Metz, sur un petit terrain de 25 acres situé en face d'une usine d'incinération. Ce camp, qui existe depuis 2013, a été démantelé et reformé plusieurs fois. Les autorités ont annoncé sa réouverture en avril 2017, arguant qu'elles n'avaient plus de places pour eux, ni en Cada (centre d'accueil pour demandeurs d'asile), ni en hébergement d'urgence. Mais plus qu'un camp, c'est un bidonville, qui ne correspond en rien aux normes humanitaires fixées par l'ONU. Médecins du monde dénonce un "bidonville d'Etat" et s'inquiète des "risques sanitaires et sociaux provoqués par cette situation indigne".

Mise à jour du 20 juillet : lorsque nous nous sommes rendues à Metz, le 12 juillet, le camp de Blida était équipé de deux douches et quatre toilettes. Depuis, ce chiffre a augmenté : le camp compte désormais neuf douches et neuf toilettes. 

Découvrez ci-dessous notre reportage en trois chapitres :

 

Pourquoi y a-t-il autant de demandeurs d'asile à Metz ?

C'est à Metz que se trouve le guichet unique des demandes d'asile de la région Lorraine. Mais cette configuration ne suffit pas à éclaircir entièrement la situation, car cette plateforme a ouvert le 2 novembre 2015, alors que les différents camps de l'avenue de Blida existent depuis bien plus longtemps. 

Autre explication : la proximité avec l'Allemagne. Beaucoup de migrants arrivés à Metz tentent leur chance en France après avoir vu leur demande d'asile refusée outre-Rhin.

Certains se retrouvent dans des situations extrêmement complexes, car les accords de Dublin stipulent que les migrants doivent déposer leur demande d'asile dans le premier pays européen dans lequel ils ont été enregistrés. Ainsi, ceux qui ont déjà été contrôlés ou qui ont obtenu dans le passé une autorisation de séjour en Allemagne risquent de s'y voir renvoyés et avant de devoir retourner dans leur pays d'origine, si Berlin leur refuse l'asile.

Dernière màj le 20 juillet 2017