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L'ancien gardien d'Auschwitz Reinhold Hanning est mort

Pays : Allemagne

Tags : Nazisme, Justice

Reinhold Hanning, ancien gardien du camp d'extermination d'Auschwitz, est mort le 1er juin à l'âge de 95 ans, selon le Spiegel. En juin 2016, il avait été reconnu coupable par la justice allemande de "complicité" dans la mort d'au moins 170 000 personnes entre janvier 1943 et juin 1944 et condamné à cinq ans de prison. Son procès, bien que tardif, visait à rattraper des années de manquements de la part de la justice allemande dans la poursuite des responsables de l’Holocauste.

Il avait alors 94 ans et son état de santé ne permettait que deux heures de procédure par jour. Pourtant, Reinhold Hanning a dû répondre devant la justice allemande de sa carrière de gardien au sein du camp d’Auschwitz, dans lequel 1,1 million de personnes ont perdu la vie. L’audience a eu lieu à Detmold (ouest de l’Allemagne) et a d’abord été consacrée aux témoignages de survivants de la Shoah.

Une quarantaine de parties civiles étaient présentes, venues des Etats-Unis, d’Israël ou de Grande-Bretagne. Chacune était bien déterminée à obtenir justice, plus de soixante-dix ans après la libération d’Auschwitz. Parmi les personnes  Justin Sonder, 90 ans, qui a perdu vingt-deux membres de sa famille sous le régime nazi et a été déporté à 17 ans. 

Reinhold Hanning encourrait alors trois à quinze ans de prison, une menace essentiellement symbolique vu son âge. Cet ancien ouvrier d’usine s’est engagé dans les Waffen SS à 18 ans. Après une mobilisation dans les Balkans et en Russie, il est muté en janvier 1942, d'abord à Auschwitz-I, et surveillera de temps à autres la rampe d’arrivée de Birkenau (ou Auschwitz-II). L’ancien garde de camp répond de "complicité" pour la mort d’au moins 170 000 personnes entre janvier 1943 et juin 1944.

 

Des procès tardifs

Trois autres anciens SS, désormais nonagénaires, ont également été traduits en justice. Ces procès s’inscrivent dans une ligne historique, celle de la poursuite - bien que tardive - des complices de l’holocauste. La raison de ce regain de motivation de la part de la justice allemande ? Une prise de conscience que le "petit personnel" qui gérait les camps de la mort a constitué un rouage nécessaire au fonctionnement de la grande machinerie de l’holocauste. En se focalisant sur la poursuite des cadres nazis depuis les années 70, les tribunaux ont permis à un certain nombre de "seconds couteaux" de filer entre les mailles de la justice. Le Comité international d'Auschwitz estime que sur les 6 500 SS qui ont travaillé dans le camp, moins de cinquante ont été condamnés.

Mais l’état d’esprit n’est plus le même depuis la condamnation en 2011 de John Demjanjuk, ex-gardien de Sobibor, puis celle l'an dernier d'Oskar Gröning, ex-comptable d'Auschwitz. La justice allemande est bien décidée à compenser ses manquements depuis les années 70. Et l’âge des accusés ne change rien à sa détermination.

Ces procès ont pu en partie voir le jour grâce au travail de l'office central d'enquête de Ludwigsburg (sud), créé en 1958 pour traquer les criminels de guerre nazis. Le reportage d'ARTE Journal.

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Dernière màj le 1 juin 2017