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Le Venezuela bientôt coupé du monde ?

Pays : Venezuela, République Bolivarienne Du

Tags : Crise économique, pénurie, inflation

Après Lufthansa, c’est au tour de la plus importante des compagnies aériennes d'Amérique latine, LATAM Airlines, de suspendre ses vols vers le Venezuela jusqu'à nouvel ordre. La raison invoquée ? La crise économique dans laquelle s’est enlisé le pays.

LATAM Airlines, comme la Lufthansa et d'autres compagnies qui ont décidé de restreindre leurs relations avec Caracas, évoquent le "scénario économique" actuel du Venezuela. En cause : la crise économique que traverse le Venezuela depuis des semaines, avec la chute du prix du pétrole et la complexité de son système de change. Le gouvernement vénézuélien applique un strict contrôle des devises et des changes et la monnaie locale, le bolivar, est surévaluée. Le taux officiel est de 1$ pour 10 bolivars, alors le taux parallèle est de 1$ pour 1 100 bolivars. Ce système a toujours rendu difficile, pour les entreprises étrangères, la récupération de leurs devises.

Par exemple, les Vénézuéliens achètent leurs billets d’avions en bolivars, ce qui oblige les compagnies aériennes à s’adresser à l’Etat pour échanger leurs bolivars en dollars. En proie à une inflation galopante, le pays fixe lui-même le taux de change à la défaveur des compagnies aériennes internationales. Elles peinent également à rapatrier leurs recettes et se retrouvent donc coincées avec des bolivars dévalués. Cette situation s'est aggravée à cause de la crise : avec la baisse des exportations de pétrole, le Venezuela possède moins de devises étrangères qu'auparavant.

De pénuries en pénuries

L’économie du Venezuela, ultra-dépendante du pétrole - il représente 96% de ses exportations - s’est effondrée avec la chute du prix du baril depuis près de deux ans. Le pays affiche désormais la pire inflation au monde avec 180,9% en 2015. Selon le FMI, "le Venezuela devrait rester dans une récession profonde en 2016 (avec une contraction de la production de 8 %) […] avec notamment un taux d’inflation moyen qui devrait s’approcher de 500 % en 2016".

 

La crise en chiffres
 

Les pénuries alimentaires, de médicaments et de matières premières, ainsi les files d’attentes devant les magasins, les étagères vides et les coupures régulières d’électricité font désormais parties du quotidien des Vénézuéliens. Cette crise révèle la faiblesse du système économique du pays, qui repose entièrement sur le pétrole et n'a pas développé de production propre. En février dernier, le président Nicolas Maduro, a demandé une "aide humanitaire" internationale pour éviter une éventuelle"famine".

 

Le climat social est tendu et les manifestations contre le président se multiplient. Au début du mois de mai, la coalition d'opposition de la Table pour l'unité démocratique (MUD) a rassemblé 1,8 million de signatures pour lancer un processus de référendum pour destituer Nicolas Maduro. Lundi, le gouvernement vénézuélien, qui dénonce une manoeuvre politique, a accusé l’opposition d’avoir inclus parmi les signataires les noms de dix mille personnes décédées. Le CNE (le Conseil national électoral) doit se prononcer jeudi sur la validation des signatures, qui serait un premier pas vers la longue organisation d’un référendum.

 

JUAN BARRETO / AFP

Manifestation des opposants au gouvernement à Caracas le 25 mai 2016 - JUAN BARRETO / AFP

 


 

 

Dernière màj le 1 juin 2016