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Françoise Nyssen, une éditrice à la culture

Pays : France

Tags : Ministre de la Culture et de la Communication, Gouvernement, Emmanuel Macron, Françoise Nyssen

Issue de la société civile, comme dix de ses confrères au sein du gouvernement, Françoise Nyssen a depuis trente ans une place d’honneur dans le monde de la culture. Défricheuse en littérature, l’éditrice aura durant son poste à la tête d’Actes Sud supervisé la publication de trois Prix Goncourt (Laurent Gaudé, Jérôme Ferrari et Mathias Enard) et de quatre prix Nobel de littérature (Imre Kertész, Elfriede Jelinek, Svetlana Alexijewitsch et Naguib Mahfouz). Un ancrage littéraire qui a provoqué, à la suite de sa nomination ministérielle, une pluie d’éloges.

 

Une grande dame de l’édition

Au début des années 80, Françoise Nyssen prend la direction de la maison d’édition Actes Sud, dont le siège social est installé à Arles (Bouches-du-Rhône). Fondée en 1978 par son père Hubert Nyssen, la petite aventure familiale est devenue en quelques années l'un des fleurons de l’édition française.

Mais Françoise Nyssen n’a pas toujours été cette femme de culture. "Mon histoire ne m’a pas du tout menée à cette fonction", a-t-elle reconnu lors de son premier discours d’investiture rue de Valois. Licenciée en chimie et en urbanisme, rien ne la destinait à devenir éditrice. Elle apprendra cette profession en véritable autodidacte, sur le terrain.

 

Entre la France et la Belgique

Dans son curriculum vitae, une autre mention ministérielle se distingue, mais en Belgique. Françoise Nyssen a en effet effectué un bref passage à la direction de l’Architecture du ministère belge de l’Environnement et du Cadre de vie dans les années 70.

Née à Etterbeek (dans la région de Bruxelles) en 1951, Françoise Nyssen a passé sa jeunesse et fait ses études en Belgique. Un pays qu’elle quittera en 1980 pour rejoindre le projet familial entrepris par son père. Lors de la passation de pouvoir du 17 mai, Françoise Nyssen s’est d’ailleurs engagée à "servir un pays qui [l’a] accueillie".

Riche d’une double nationalité, belge et francaise, la nouvelle ministre de la Culture trouve aujourd’hui sa place au sein d’un gouvernement tourné vers l’Europe. Une valeur défendue par Françoise Nyssen, héritière d’un parcours européen, qui se partage entre Arles, Paris et Bruxelles.

 

En Marche et au travail

Pour l’heure, plusieurs projets prévus dans le programme d’Emmanuel Macron l’attendent. Parmi les plus importants : faciliter l’accès à la culture pour tous et notamment pour les jeunes, qui devraient bénéficier d’un "pass culture" de 500 euros ; l’établissement d’une parité au sein de la gouvernance des établissements culturels et la mise en place d’un plan d’investissement de cinquante milliards d’euros consacré au patrimoine.

Françoise Nyssen a d’ores et déjà promis de "se mettre en marche". Pour la nouvelle ministre, qui succède à Audrey Azoulay, le travail a commencé sans attendre. Après sa nomination, mercredi 17 mai, direction la Croisette et le Festival de Cannes, pour son premier voyage ministériel. Un déplacement placé sous le signe d’un débat : la présence polémique de deux films en compétition officielle produits par le géant de la vidéo en ligne Netflix.

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Dernière màj le 19 mai 2017