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Espagne - Le parti grec néo-nazi Aube dorée fait des émules

Pays : Espagne

Tags : Aube Dorée, Neo-Nazis

Le ministère de l'Intérieur espagnol vient d'autoriser la constitution d'Amanecer dorado, déclinaison ibérique et non officielle du parti néo-nazi grec Aube dorée. 

Xénophobie, organisation paramilitaire, apologie du nazisme… En Grèce, Aube dorée n'a pas fini de faire parler d'elle. Cette formation politique, qui n'était qu'un groupuscule marginal à sa création en 1985, galvanise aujourd'hui les foules dans un pays rongé par la crise. Au point d'avoir réussi à faire élire dix-huit de ses représentants au parlement grec. Voilà désormais qu’Aube dorée exporte son modèle hors de Grèce.

Le 27 octobre dernier, le ministère de l'Intérieur espagnol a en effet autorisé la fondation d'Amanecer Dorado, une nouvelle formation radicale qui est la déclinaison ibérique et non officielle d’Aube dorée. Ce nouveau parti, qui emprunte à son homologue grec son nom et son emblème inspiré de la svastika nazie, va être dirigé par un certain Antonio Vicedo. Ce militant d'extrême droite a déjà fait partie d'un groupe néo-nazi, interdit en 2004 pour incitation à la haine raciale et à la violence, avant de se présenter en 2008 aux élections générales espagnoles au nom d'Alianza Nacional, autre formation politique fondée autour du credo « Notre sang, notre race ».

 

Saluts nazis et impunité

C'est à Alcoy, dans la province d'Alicante, qu’Amanecer Dorado a décidé d'installer son siège national. Un choix qui ne doit rien au hasard. Cette région d'Espagne est depuis longtemps l'un des bastions des nostalgiques du franquisme et de groupuscules d'ultra-droite. De fait, l'Espagne tolère depuis longtemps plusieurs organisations ouvertement fascistes sur son territoire, noamment Le mouvement social républicain, la Phalange espagnole, Démocratie nationale.

La création d'Amanecer Dorado et son enregistrement sur la liste des formations officiellement autorisées interviennent alors que les mouvements d'extrême droite espagnols multiplient les provocations, en toute impunité. Dernière en date, le 9 octobre dernier, lorsqu'une foule de militants d'ultra-droite a défilé librement, en plein cœur de la ville de Valence, en brandissant croix gammées, bannières franquistes et en exécutant des saluts nazis à tour de bras. Reste que l'extrême droite espagnole avance en ordre dispersé, affaiblie par ses divisions internes. Lors des élections européennes de mai dernier la coalition d'ultra-droite España en Marcha n'a ainsi recueilli que 0,1 % des suffrages. Loin des scores impressionnants engrangés en Grèce par Aube Dorée qui a propulsé trois de ses membres au Parlement européen.

 

Manuel Vicuña

 

 

Dernière màj le 14 novembre 2014