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Donald Trump, la victoire de l'anti-establishment

Pays : États-Unis

Tags : Trump, Clinton, élection présidentielle

Expérience zéro en politique, misogyne, islamophobe, mexicanophobe et climato-sceptique : Donald Trump avait tout pour se faire détester par tous, les démocrates, les républicains -son propre camp- ou la majeure partie de la communauté internationale. Pourtant, c'est bien lui qui devient le nouveau président américain. Déjouant tous les pronostics, il a remporté une victoire incontestable, porté apparement par une volonté de renouvellement de la classe politique. 

La victoire de Donald Trump dans ARTE Journal

Donald Trump n'a aucune expérience politique, il n'a jamais occupé le moindre mandat électif et personne ne croyait en lui lorsqu'il a lancé sa candidature en juin 2015. Pire : plus de 60% des Américains pensaient qu'il n'avait pas le caractère pour devenir président. Et pourtant, étape après étape, il a évincé ses adversaires, réussissant certainement à capter la colère d'une partie des américains.  La victoire de ce "nouveau-né" en matière de politique plonge surtout les Etats-Unis et le monde dans une incertitude vertigineuse. A part quelques propositions chocs -les Mexicains au Mexique derrière leur mur ou les musulmans interdits de séjour aux Etats-Unis-, personne ne peut prédire sa future politique étrangère. Car ses propositions restent vagues et suscitent beaucoup d'inquiétudes dans bien d'autres domaines, comme l'économie.

Les résultats de l'élection :

 

 

Félicitations et inquiétudes

Ce sont les deux réactions que suscitent cette victoire dans le monde. Plusieurs voix, notamment dans l'extrême droite, se sont élevées pour féliciter le vainqueur américain, comme Marine Le Pen :

 

 

 

Nigel Farage : 

 

 

Les réactions internationales

Pour le président du Parlement européen, Martin Schulz, la victoire de Donald Trump "ne me réjouit pas" mais il est "le président librement élu des Etats-Unis" et a droit "à ce qu'on lui donne une chance".

En Asie, en Europe ou au Moyen-Orient, les interrogations sont nombreuses après l'élection d'un milliardaire populiste sans expérience politique. Son accession au pouvoir effective fin janvier est considérée comme un saut dans l'inconnu. Même constat pour François Hollande qui affirme que cette victoire ouvre une "période d'incertitude".

 

Donald Trump est le président librement élu des Etats-Unis et a droit à ce qu'on lui donne une chance.

Martin Schulz sur la chaîne de télévision allemande ZDF - 09/11/2016

L'etablishment a pris une dérouillée

Contre toute attente donc, il a gagné. Au terme d'une campagne de tous les excès, où les programmes de deux candidats sont passés à la trappe au profit de déclarations fracassantes et de scandales retentissants, c'est le milliardaire qui a réussi à faire basculer le vote en sa faveur dans les principaux Etats clés, les "swing-states" comme la Floride, l’Ohio et la Caroline du Nord.

Un succès inattendu qui marque surtout une volonté des électeurs de renouveler la classe politique. Donald Trump a balayé Hillary Clinton, comme tous les candidats républicains. Pendant les primaires, il n'était pas soutenu par son parti, puis il l'a été à contre-coeur pendant la campagne -de nombreux républicains ayant publiquement renoncé à lui accorder son soutien. C'est ce qui apparement a fait sa force : s'ériger en candidat de l'anti-etablishement, là où tous les autres semblaient sortir du même sérail.

 

Une victoire qui terrifie les marchés

Le milliardaire de 70 ans l'avait prédit lundi : ce vote sera et a été "un Brexit puissance trois", référence au séisme politique qu'a provoqué le vote surprise des Britanniques pour sortir de l'Union européenne.

La victoire de Trump fait trembler les marchés, un Brexit bis repetita. L'or s'envole de 5,4%, à 1.337 dollars l'once, Wall Street plonge. La bourse de Tokyo perd plus de 5% en clôture, et, avant même l'annonce des résultats définitifs, le ministère japonais des Finances et de la Banque a ouvert une réunion d'urgence. Autres conséquences : les investisseurs se ruent sur les obligations allemandes, valeur refuge, et les bourses européennes sont parties pour chuter de près de 4% selon des indications préliminaires.

Paul Ashworth, de Capital Economics, résume les causes de cette panique financière ainsi : "on s'aventure complètement dans l'inconnu parce qu'on ne sait simplement pas quel type de président il serait. Sera-t-il le populiste de la campagne électorale, qui a menacé de faire taire ses opposants, de censurer les médias, de construire un mur à la frontière et de lancer une guerre commerciale internationale ? Ou peut-il se muer en homme d'Etat capable de gouverner de manière plus mesurée ?"

Le canada, future terre d'asile pour les Américains

Denis Coderre, le maire de Montréal, a tweeté en début de soirée électorale un message adressé à tous les américains : le Bureau d'Intégration des Nouveaux Arrivants de Montréal sera exceptionnellement ouvert après le vote.

Une affirmation à prendre peut-être au second degré, mais une chose est sûre : tout au long de la soirée, les recherches des Américains pour connaitre les critères d'éligibilité pour obtenir la résidence ou la nationalité canadienne ont explosé :


Il faut dire que les anti-Trump ont de quoi être inquiets : en plus de la présidence, les républicains ont remporté mercredi le Sénat et continueront ainsi de contrôler l'ensemble du Congrès des Etats-Unis, fournissant une majorité parlementaire sur laquelle le président élu Donald Trump pourra s'appuyer.

Défaire l'Obamacare

En contrôlant la Maison Blanche et le pouvoir législatif, les républicains auront la capacité de défaire les réformes du président Barack Obama et notamment sa controversée réforme de l'assurance-maladie baptisée "Obamacare".
La mainmise sur le Sénat, qui vient s'ajouter à celle de la Chambre des représentants, leur permettra par ailleurs d'avoir la haute main sur le processus de nomination des plus hauts responsables gouvernementaux et des juges de la Cour suprême.

 

 

Dernière màj le 9 novembre 2016