"Disparus, la guerre invisible de Syrie"

Pays : Syrie

Tags : Bachar al Assad, ONU, disparitions forcées

La mort hante les prisons en Syrie. Dans un rapport publié le 18 août, Amnesty international dénonce une situation innomable : près de dix-huit mille détenus ont péri en cinq ans de guerre dans les prisons du régime syrien. Des dizaines de milliers d'autres sont torturées. L’implacable machine de mort secrètement mise en place par Damas a déjà été révélée par l'enquête glaçante d'Etienne Huver et Sophie Nivelle-Cardinale. Les deux reporters ont reçu le 27 mai le prix Albert Londres dans la catégorie Audiovisuel pour Disparus, la guerre invisible de Syrie. Ce documentaire, diffusé dans THEMA, a été coproduit par ARTE et What's up films.

Un chiffre glaçant : soixante-cinq mille civils ont disparu depuis le début du conflit syrien. "Des personnes capturées et détenues dans des conditions épouvantables. Beaucoup meurent des suites de maladies et de torture ou sont victimes d'une exécution extrajudiciaire", selon le rapport d’Amnesty, publié le 5 novembre. Le régime de Bachar al-Bassad en profite par le biais "d’un marché noir insidieux" : des intermédiaires se sont mis en place pour extorquer aux familles des dessous-de-table, "allant de plusieurs centaines à plusieurs dizaines de milliers de dollars".

"On se doit de ne pas oublier ce qui se passe en Syrie" : Etienne Huver réagit après avoir reçu le prix Albert Londres.

(Re)voir le documentaire "Disparus : la guerre invisible de Syrie" :

 

Une enquête inédite et glaçante de Sophie Nivelle-Cardinale et Etienne Huver sur l'arme invisible du régime de Bachar al-Assad montre comment des dizaines de milliers de Syriens sont enlevés, torturés puis tués en Syrie. Adolescents raflés dans leurs écoles, manifestants envoyés dans des camions aux destinations inconnues, passants arrêtés arbitrairement : ces innombrables disparitions révèlent l’implacable machine de mort secrètement mise en place par Damas.

Les disparus de Syrie
La méthode des disparitions forcées

 

La Syrie n’est pas le seul Etat à avoir recours aux disparitions forcées pour contenir les opposants au sein de la population. L’Onu a déjà rédigé une convention qui condamne ces pratiques. Le texte définit notamment la "disparition forcée" par "l'arrestation, la détention, l'enlèvement ou toute autre forme de privation de liberté par des agents de l'État ou par des personnes ou des groupes de personnes qui agissent avec l'autorisation, l'appui ou l'acquiescement de l'État, suivi du déni de la reconnaissance de la privation de liberté ou de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve, la soustrayant à la protection de la loi".

Retrouvez un rapport complet de l’Onu, qui dresse un état des lieux sur le phénomène à travers le monde, ainsi qu’une fiche d’analyse de cette méthode de répression et enfin un article d’Amnesty International sur l’engagement et la mobilisation des familles de disparus.