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COP21 : Les points clés du premier accord mondial sur le climat

Pays : France

Tags : Cop 21, Paris

Un accord historique a été adopté le 12 décembre au Bourget. Après douze jours de négociations intenses, les 195 Etats ayant participé à la Conférence sur le climat ont conclu un accord universel et contraignant sur le changement climatique.

 


"S’il est accepté, ce sera une victoire historique, le premier accord climatique universel et contraignant, avait prévenu Anna-Kaisa Itkonen, porte-parole de la Commission européenne, à l’AFP.  Réunies depuis le 30 novembre au Bourget près de Paris, les délégations ont travaillé sans relâche pour parvenir à cet accord, dont le texte final est disponible en français ici

 

 

 

Pour Laurent Fabius, président de la conférence, le texte constitue "le meilleur équilibre possible". Parmi les principaux points : la limitation de la hausse de la température en dessous des 2°C prévus, une révision des engagements obligatoires tous les cinq ans et l’augmentation de l’aide financière aux pays du Sud. Le texte comporte aussi une partie sur la reconnaissance des droits humains, mais sans engagement clair de la part des États.


Limiter le réchauffement en dessous des 2°C

L’objectif des 2°C avait été décidé en 2009 lors de la rencontre à Copenhague. Les pays s’engageaient alors à réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre en réduisant leur consommation d’énergie et en investissant dans les énergies renouvelables. Mais de nombreux pays ont fait part pendant la COP21 de leurs inquiétudes, menacés notamment par la montée du niveau de la mer. Ils appelaient à limiter le réchauffement à 1,5°C. Le texte de l’accord en prend note et propose aux pays "d’atteindre un pic des émissions de gaz à effet de serre le plus tôt possible" avant d’entreprendre ensuite des réductions rapides pour parvenir à un équilibre entre les émissions dues aux activités humaines et celles absorbées par les puits de carbone naturels comme les forêts. 


Des engagements revus tous les cinq ans

Un des dispositifs clé de l'accord est la mise en place d'un mécanisme de révision des engagements nationaux sur la base du volontariat. Cette révision devra avoir lieu tous les cinq ans et chacune "représentera une progression" par rapport à la précédente. La première révision obligatoire aurait lieu en 2025, après un bilan de l'action collective en 2023. Les ONG jugent ce mécanisme trop tardif pour espérer rester sous les 2°C.

 

L’aide aux pays en voie de développement renforcée

La convention climat de l'ONU de 1992 a instauré une division stricte entre les pays industrialisés et les pays en développement qui n’ont pas les mêmes obligations à remplir.  Les pays développés comme les Etats-Unis veulent assouplir cette distinction qu'ils jugent dépassée avec l’industrialisation de pays émergents mais des pays comme l’Inde refusent de l’effacer, au nom de leur droit au développement et de la responsabilité historique du Nord dans le dérèglement climatique.


En 2009, les pays riches ont promis de verser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 pour financer les politiques climatiques des pays en développement. Cette somme ne sera qu’un plancher selon le texte. En 2025, un nouveau montant devra discuté. D'autres pays pourront aussi apporter leur soutien de manière volontaire. 
 

L'inquiétude des associations concernant les droits humains

L'article 2 de l'accord initial engageait les États à respecter les droits humains, notamment l'égalité de genre et la sécurité alimentaire pour les plus touchés par le changement climatique. Mais sous la pression de certains pays, dont l'Arabie saoudite et la Russie, la phrase a été retirée du projet final présenté par Laurent Fabius le 10 décembre et la mention des droits humains ne figure plus que dans le préambule de l'accord, dépourvue de valeur contraignante pour les États.

 

 

 

Dernière màj le 13 décembre 2016