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COP 21 : des objectifs hors d’atteinte ?

Pays : France

Tags : Cop 21, Climat

Avec un peu de cynisme, l’enjeu prioritaire de cette vingt-et-unième Conférence des parties pourrait se résumer ainsi : éviter le fiasco du sommet de Copenhague fin 2009. Officiellement, il s’agit surtout d’éviter un scénario catastrophe pour la planète en limitant l’élévation des températures à 2°C maximum entre l’ère préindustrielle (1850-1900) et la fin de ce siècle.

Cette fois, il faut un accord. Cette fois, il faut du concret. La pression monte auprès des négociateurs conviés à la grand-messe du climat de Paris, pour ainsi dire condamnés à faire mieux que leurs prédécesseurs. Pour éviter de répéter les erreurs du passé, la Convention-cadre des Nations-Unies sur le changement climatique (CCUNCC) a

196

parties réunies (195 pays + l'Union européenne)

 

demandé aux 196 parties conviées de fournir des engagements écrits, chiffrés et détaillés en amont de la COP 21.
Sur la base de ces contributions, les organisateurs espèrent un accord dont ils brossent ainsi le portrait-robot :

 

- Universel (conclu par tous et appliqué par tous)
- Ambitieux (suffisamment en tout cas pour maintenir la hausse des températures sous les 2°C)
- Flexible (tenant compte de la situation particulière de chacun)
- Dynamique (prévoyant de renégocier les engagements à la hausse)
- Equilibré (entre lutte contre le réchauffement et financement de l’impact du dérèglement climatique notamment dans les pays en voie de développement)

 

Cela n’aura échappé à personne, un mot manque cruellement à cette description : "contraignant". Et pour cause, les chefs d’Etat n’aiment pas les contraintes et encore moins les sanctions qui viendraient s’abattre sur eux en cas de manquement à leurs engagements. François Hollande aura donc sans doute les plus grandes peines à faire accepter ce principe à ses homologues. Dès lors, se pose la question de la valeur des éventuels engagements contenus dans un hypothétique accord. 

Dans le texte final, de nombreuses associations aimeraient aussi voire figurer une refonte du principe du droit à polluer et de la taxe carbone jugés trop peu efficaces pour le moment. Aujourd’hui la tonne de CO2 est taxée à hauteur de huit euros. Insuffisant pour remplir sa mission de dissuasion vis-à-vis des énergies fossiles. Ne pas

8€

par tonne de CO2 : c'estle montant actuel de la taxe par tonne produite

 

respecter les plafonds d’émission de CO2 reste encore bon marché voire rentable et pour le moment rien ne dit que cette question trouvera une issue à Paris. 

Le volet principal du sommet, qui concerne "l’atténuation du changement climatique" sera sans conteste le point le plus sensible des négociations. Mais il y a fort à parier que la question de "l’adaptation aux dérèglements climatique", deuxième grand volet de ce sommet, donne lieu également à de vifs débats. Concrètement, il s’agit de coordonner le plan d’aide financière des pays industrialisés à destination des pays en développement afin de les aider à faire face à la menace climatique. La question avait elle aussi été laissée en friche à l’issu de la Conférence de Copenhague. Depuis, le Fonds vert pour le climat a vu le jour en 2011. Sa mission : redistribuer la plus grande partie des 100 milliards de dollars annuels promis par les pays riches, historiquement responsable du changement climatique, à ceux, plus pauvres, souvent les plus exposés au réchauffement. 

Voilà pour la théorie, désormais, il va falloir passer à la caisse. Toujours en suspens la question du financement de ce Fonds sera un enjeu capital pour la Conférence de Paris. Les pays du Sud réclament donc la garantie que cette manne promise leur soit bien distribuée. Ils pourraient mettre leur veto s’ils n’obtiennent pas satisfaction. Sans consensus sur cette épineuse question, impossible donc d’imaginer un accord global à Paris.  

Dernière màj le 8 décembre 2016