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Calais : la destruction de la "jungle" coûte que coûte

Pays : France

Tags : Calais, Migrant, jungle

CRS, ouvriers et bulldozers sont sur le pied de guerre à Calais. L'arrêté préfectoral exigeant le démantèlement de la jungle a été validé le 25 février par le tribunal de Lille. Démarrée lundi, l'évacuation se poursuit, malgré des affrontements entre policiers et migrants. Les violences ont en effet émaillé la première journée, sur fond de colère des associations. Au total, entre 800 et 1000 personnes doivent être évacuées selon la préfecture, 3450 selon les associations qui jugent les solutions de relogement proposées par le gouvernement insuffisantes.

Calais : bulldozers en action
Calais : bulldozers en action Calais : bulldozers en action Calais : bulldozers en action

 

La décision de la justice critiquée

 

250 migrants et dix associations avaient réagi à l'arrêté de la préfecture du Pas-de-Calais, pris vendredi, demandant la suspension de cette décision. En cause :  les conditions de relogement proposées par l'Etat.

 

Pour leur avocate, interrogée par l'AFP, "les solutions proposées ne sont pas du tout adaptées" aux besoins des migrants. "Il faut qu'ils puissent rester ici en attendant que d'autres solutions soient trouvées", argumente Me Julie Bonnier. Un avis partagé par le président de l'Auberge des migrants, pour qui ce serait  un "terrible retour en arrière". "Faire bouger [les migrants] en pleine période hivernale" relève d'un "mépris total pour les réfugiés de guerre" estime Christian Salomé. Au fur et à mesure des mois, les migrants se sont organisés au sein de la jungle. Ce camp de fortune ressemble toujours plus à une mini-ville avec des rues, des écoles, des restaurants et même des hôtels. Selon les associations, en raser une partie sera perturbant pour ses habitants.

 

Pour Bernard Cazeneuve, il s'agit en revanche d'une "opération humanitaire" qui vise aussi à "alléger la pression migratoire sur la ville de Calais". Le ministre de l'Intérieur avait précisé que l'évacuation se ferait "de manière progressive", sans l'usage de la force.

 

Quitter la jungle : mais pour aller où ?

 

L'Etat propose aux migrants de rejoindre un nouveau camp fait de conteneurs, installé lui aussi dans la jungle, mais dans la partie nord. Dans ce lieu sécurisé, qui comprend 1 500 places avec sanitaires et chauffage, chaque résident doit enregistrer ses empreintes à l'entrée. Cette condition qui déplaît aux migrants, même si "aucune emprunte ne sera gardée" a tenu à préciser la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio. Le problème, c'est que la plupart des migrants reste attaché à l'idée de rejoindre l'Angleterre, où l'accès à l'emploi est plus facile. Ils refusent donc de donner leurs empreintes puisqu'une fois ces données répertoriées dans un pays, le migrant ne peut pas redemander l'asile ailleurs.

 

Mais alors que 800 à 1 000 personnes sont concernées par ces expulsions, il ne reste pourtant plus que 300 places disponibles dans les CAP, ce qui est très insuffisant pour les associations.

 

Faux, pour le ministre de l'Intérieur. Dans un échange de mail avec la Voix du Nord, il affirme que "chaque migrant se verra proposer une place dans un espace d’accueil pour personne vulnérable en fonction de sa situation. (...) Le nombre de places offertes pour mettre à l’abri les migrants est suffisant pour accueillir tout le monde" assure-t-il.

 

Autre possibilité proposée par la France : les CAO pour Centre d'Accueil et d'Orientation. Cela n'est possible que si le migrant a fait sa demande d'asile en France. Il sera alors envoyé dans différentes régions de l'Hexagone. Ce dispositif aurait ainsi permis d’éloigner près de 2 600 migrants de Calais.

 

 

 

 

Dernière màj le 1 mars 2016