|

Berlin, le premier déplacement de Macron à l’étranger

Pays : France

Tags : Macron, Merkel, Présidentielle

Tout comme François Hollande en son temps, Emmanuel Macron a choisi de se rendre à Berlin pour son premier déplacement à l'étranger. Il entend réaffirmer le rôle moteur du couple franco-allemand dans une Europe en crise : "nous avons besoin d'une Europe plus efficace, plus démocratique, plus politique, car elle est l'instrument de notre puissance et de notre souveraineté. J'y œuvrerai", a affirmé le nouveau chef de l'Etat, la veille de son déplacement.

"Il va défendre les intérêts de la France, je vais défendre les intérêts de l'Allemagne mais je suis sûre qu'il y aura un nombre si grand de points communs" qu'une coopération sera possible, a déclaré la chancelière à quelques heures de cette rencontre. Assurant qu'elle le recevrait dans un "esprit d'ouverture et de grande sympathie" et sans apparaître en "Madame je-sais-tout", Angela Merkel a souligné avoir "entière confiance" dans sa capacité à améliorer la situation en France.

Macron veut un traité "refondateur"…

L'Europe "refondée et relancée" prônée par Emmanuel Macron dans son discours d'investiture dimanche risque cependant de se heurter à bien des résistances parmi les 27, à commencer par l'Allemagne. Lui souhaite un "traité refondateur" en Europe pour parvenir à une plus grande intégration de la zone euro, avec un ministre des Finances, un budget autonome doté d'une "capacité d'emprunt" et un Parlement dédié.

…Que l’Allemagne juge "irréaliste"

Mais le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, s'il se dit "tout à fait d’accord" pour "renforcer l’union monétaire", juge en revanche qu'une réforme des traités européens ne serait "pas réaliste". "Des propositions, comme un budget de la zone euro, requièrent une modification des traités" qui "suppose l’unanimité des 27 États membres" et des référendums dans un certain nombre d'Etats "dont la France sans doute", fait-il remarquer dans une interview au Figaro lundi.

Wolfgang Schäuble se montre très sceptique aussi sur l'idée d'un ministre des Finances de la zone euro qui, explique-t-il, devrait "être en mesure de faire appliquer les règles budgétaires" décidées en Europe sauf à être affublé d'un "titre sans signification".

 

Comment Emmanuel Macron est-il perçu outre-Rhin ? ARTE Journal fait le point :

 

Les enjeux du nouveau couple franco-allemand
Les enjeux du nouveau couple franco-allemand Les enjeux du nouveau couple franco-allemand Les enjeux du nouveau couple franco-allemand
"Sans toucher aux traités"

Il faut être clair : on ne résoudra pas les problèmes de la zone euro en affaiblissant l’Allemagne.

Wolfgang Schäuble - 15/05/2017

Quant à l'idée d'une relance des investissements soutenue par l'Allemagne et ses excédents faramineux, elle le laisse de marbre. "Il faut être clair : on ne résoudra pas les problèmes de la zone euro en affaiblissant l’Allemagne", tranche-t-il. Pour Wolfgang Schäuble, la solution serait plutôt de "renforcer la zone euro sans toucher aux traités" et "lancer des projets bilatéraux supplémentaires" avec la France, comme un fonds qui serait "consacré à la défense pour financer des moyens militaires communs".

Quoiqu'il en soit, Emmanuel Macron mettra à Berlin ses pas dans ceux de François Hollande qui s'y était rendu le jour même de son investiture, le 15 mai 2012 et y est revenu il y a une semaine pour un dîner d'adieu avec Angela Merkel.

 

Merkel veut une "stabilité politique de la France"

Cette dernière "veut la réussite" d'Emmanuel Macron et entend concourir "à la stabilité politique" en France, avait confié François Hollande à l'AFP à l'issue de cet ultime déplacement à l'étranger de son quinquennat. Et même si elle attend de lui de nouvelles réformes, elle ne fera "rien pour (lui) compliquer la vie", avait-il assuré.

Pour le chef de la diplomatie allemande, le social-démocrate Sigmar Gabriel, la chancelière et son ministre des Finances doivent cependant faire davantage pour soutenir Emmanuel Macron. "Sa victoire porte en elle un devoir pour nous, en Allemagne, car il faut que Macron réussisse. S'il échoue, Madame Le Pen sera présidente dans cinq ans et l'Europe disparaîtra", a-t-il averti.

Angela Merkel avait déjà reçu le leader d'En Marche ! à la chancellerie, en mars, au cours de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron soulignant alors leurs nombreuses "convergences" de vue. Elle a été aussi le premier dirigeant étranger à le féliciter "chaleureusement" au soir de sa victoire contre Marine Le Pen, le 7 mai. Il porte les espoirs de "millions" de Français, d'Allemands et d'Européens, avait-elle souligné le lendemain.

Dernière màj le 12 juin 2017