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Avant/après : ces sept métropoles menacées par la montée des eaux

Pays : Monde

Tags : Climat

Shanghai, Rio, Londres, New York ou Sydney : sous l'effet du dérèglement climatique, de grandes villes sont vouées, à long terme, à partiellement disparaître sous les eaux, même si le monde parvient à limiter le réchauffement planétaire à 2°C, soulignent des chercheurs américains dans un rapport publié dimanche 8 novembre, à trois semaines de la conférence sur le climat de Paris.

A + 2°C, le niveau des mers continuera à s'élever, pour couvrir des territoires aujourd'hui peuplés de 280 millions de personnes, pointe l'étude de l'institut Climate Central. Mais à +4°C, le phénomène concernerait plus de 600 millions d'habitants. "Un réchauffement de +2°C représente une menace pour l'existence à long terme de nombreuses grandes villes et régions côtières", souligne Ben Strauss, un des auteurs. Les mesures prises pour réduire rapidement et drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, qui dérèglent le climat et persistent dans l'atmosphère, feront malgré tout une différence : "Nous avons encore devant nous un vaste éventail de choix."

A quoi pourraient ressembler sept métropoles avec un réchauffement à +2°C et +4°C ? Pour le découvrir, faites glisser le curseur.

Durban (Afrique du Sud)

Londres (Royaume-Uni)

Bombay (Inde)

New York (Etats-Unis)

Rio de Janeiro (Brésil)

Shanghaï (Chine)

Sydney (Australie)

Photos : Climate Central

En savoir plus...

Quels Etats sont les plus vulnérables aux catastrophes naturelles ? Notre carte interactive.

Deux cents ou deux mille ans, il est difficile d'estimer la vitesse à laquelle la mer va monter, souligne l'étude de Climate Central. 

- Si les émissions continuent sur leur lancée, entraînant un réchauffement de +4°C, le niveau des océans gagnera 8,9 mètres (chiffre médian), avance le rapport. 

- Avec un réchauffement à +3°C, qui est la trajectoire tracée par les promesses actuelles des Etats pour freiner les émissions, les mers monteraient de 6,4 mètres, couvrant des zones de plus de 400 millions d'habitants aujourd'hui. 

- A +2°C, la mer gagnerait 4,7 mètres et deux fois moins de personnes seraient affectées.

- A +1,5°C maximum, objectif réclamé par les pays les plus vulnérables comme les petits Etats insulaires, l'élévation resterait à 2,9 mètres et concernerait moitié moins de population (137 millions d'habitants).

En terme de population, la Chine serait en première ligne : à +4°C, la montée des eaux concernerait un territoire aujourd'hui peuplé de 145 millions de personnes, un chiffre divisé par deux à +2°C, selon cette étude, qui ne tient compte ni de l'évolution démographique ni de la construction d'infrastructures comme des digues. Un premier diagnostic sur les Etats-Unis, paru en octobre dans les comptes-rendus de la revue de l'Académie américaine des sciences, promettait l'engloutissement de Miami et la Nouvelle-Orléans.

Les projections prennent en compte la dilatation de l'océan quand il se réchauffe, la fonte des glaciers mais aussi la dégradation des calottes du Groenland et de l'Antarctique, irréversible au-delà d'un certain seuil. D'une région à l'autre, cette élévation ne sera pas égale : "Dans la plupart des cas, elle peut se traduire en centimètres par siècle, mais les deltas et les zones urbaines" sont plus vulnérables, notamment parce qu'ils sont moins protégés par les sédiments. 

L'étude se base notamment sur des données satellitaires sur les niveaux océaniques. Plusieurs chercheurs ont souligné sa validité. "Il y a quelques erreurs par endroits, mais c'est le mieux qu'on puisse faire avec les données disponibles publiquement", estime Steven Nerem, de l'université du Colorado. Jean-Pascal van Ypersele, du groupe international d'experts sur le climat (Giec), évoque "une étude solide"Pour l'océanographe Ben Marzeion de l'université de Brême, en Allemagne, l'étude montre que "le report de mesures peut faire peser un incroyable fardeau sur de très nombreuses générations à venir".

Depuis la Révolution industrielle, le monde a gagné 0,8°C, un rythme inédit généré par les gaz issus pour l'essentiel des énergies fossiles. La communauté internationale s'est fixé l'objectif de rester sous les +2°C au total et doit se retrouver le 30 novembre à Paris pour tenter de sceller un pacte universel permettant d'y arriver.

La réunion préparatoire de la COP21 se poursuit à Paris
Les ministres d'une soixantaine de pays se retrouvent ce lundi à Paris, au deuxième jour d'une réunion destinée à accélérer les négociations afin d'obtenir dans quelques semaines un accord mondial pour limiter le réchauffement climatique. Après la session plénière de dimanche, les ministres se réunissent en groupes de travail par thème : équité, ambition, finances post-2020 et actions pré-2020. Le ministre français des Affaires étrangères et futur président de la conférence sur le climat, Laurent Fabius, présentera les conclusions des travaux mardi.

Dernière màj le 8 décembre 2016