Areva supprime près de 6000 emplois dans le monde

Pays : France

Tags : Uramin, uranium, Areva

Areva est confronté à une crise majeure : après avoir avoir essuyé une perte de 4,8 milliards d'euros en 2014, le groupe nucléaire a décidé de tailler dans ses effectifs. Un plan de réduction des frais de personnel qui se traduit par la suppression de 5.000 à 6.000 postes dans le monde, dont 3.000 à 4.000 en France d'ici 2017. Soit 15% de l'effectif global de 45 000 personnes.

Selon François Nogué, directeur des ressources humaines du groupe, les coûts en personnels ne sont plus soutenables : ils atteignent actuellement près de quatre milliards pour un chiffre d'affaires de huit milliards. Mais Areva ne va certainement pas s'arrêter là : le géant français de l'atome a annoncé début mars un plan d'économies de un milliard d'euros d'ici 2017, qui prévoit d'améliorer la "politique d'achats et la productivité". C'est peut-être bien cette politique d'achats qui a plongé les comptes de l'entreprise dans le rouge. 

 

Exemple avec l'achat, en 2007, d'Uramin, une société canadienne qui détenait des mines d’uranium en Namibie, en Afrique du sud et en Centrafrique. Pas le moindre caillou n’en est sorti et Areva a perdu trois milliards. Les journalistes de Slug News, de Hexagones.fr et d'ARTE Info ont enquêté sur ce fiasco, une histoire à découvrir dans notre web-reportage "Uramin, bombe à retardement du nucléaire français", à partir du 27 mai.

 

Uramin, bombe à retardement du nucléaire français (à partir du 27 mai)

En 2007, le rêve nucléaire français s’est brisé sur des mines d’uranium achetées à prix d’or en Afrique par Areva, fer de lance de l’atome tricolore détenu à 87% par l’Etat. C’est une saga économique, politique et judiciaire qui s’est alors ouverte sur toute la planète. Elle ne fait que commencer et c’est le conte du crépuscule de l’atome qui s’écrit en temps réel.

Uramin, bombe à retardement du nucléaire français

L’entreprise nationale a payé trois milliards d’euros pour acheter et exploiter Uramin, une société canadienne qui détenait des mines d’uranium en Namibie, en Afrique du sud et en Centrafrique. Ces sites étaient connus de la France de longue date mais jugés jusqu’alors sans intérêt économique. Jamais un caillou n’en est finalement sorti et ce fiasco dissimulé jusqu’en 2011 contribue largement aujourd’hui à la quasi faillite d’Areva et de l’atome. La France semble dans une impasse économique, judiciaire et technologique. Les contribuables paieront la facture, ainsi que les 41.847 dont 28.000 en France.
 
Avec les journalistes de Slug News et de Hexagones.fr, ARTE Info a pris la route de l’Afrique au tribunal de Paris en passant par les fiefs d’Areva en France pour vous présenter des images uniques et vous raconter cette aventure du rêve nucléaire enfui, qui voit se croiser chefs d’Etat, affairistes internationaux, capitaines d’industrie, espions et milliardaires.
 
Nous avons tourné des images exclusives du site Uramin de Bakouma en Centrafrique, acheté à prix d’or par Areva et aujourd’hui abandonné. Les populations locales, que nous avons rencontrées, y courent un risque de contamination, nous a expliqué un scientifique spécialiste de l’atome. ARTE a enquêté sur l’épisode centrafricain de l’aventure Uramin, où Areva a laissé plusieurs dizaines de millions d’euros à des intermédiaires douteux, dont le député UMP proche de Nicolas Sarkozy, Patrick Balkany.

 

ARTE a interrogé les protagonistes-clef de ce mystère qui risque de compromettre définitivement l’avenir du nucléaire français, après le choc de la catastrophe de Fukushima au Japon en 2011. Quel fut le sens véritable de l’affaire Uramin ? Areva a-t-il constitué une gigantesque caisse noire en achetant une coquille vide, dans le but de financer d’astronomiques opérations de corruption à l’étranger ? Qui est vraiment derrière le trésor d’Uramin ? Areva et son ancienne patronne Anne Lauvergeon doivent faire face à la justice. Deux enquêtes sont menées pour savoir si l’opération Uramin a été un simple échec ou une gigantesque escroquerie.